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Couverture

Informations générales

  • Appartient au cycle : Récits du vieux royaume.
  • Tome : 2.
  • Auteur : Jean-Philippe Jaworski.
  • Date de parution : Inconnue.
  • Format poche : Oui.
  • Classé en Adulte.
  • Note : 5 sur 5.
  • Note des lecteurs (1 votant) : EtoileEtoileEtoileEtoileEtoile
  • Conseil : A lire absolument.

Résumé et Avis

Information.Information : Ce livre n'est pas le premier tome de la série à laquelle il appartient, le résumé et les avis qui suivent peuvent donc contenir des spoilers ou autres révélations que vous ne voulez pas forcément connaître.
A vos risques et périls !
Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier. » Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère. Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon…

Avis :Citation : Pef
Je n’irai pas jusqu’à me définir comme un vieux blasé de la fantasy, mais j’ai tout de même dans ce domaine un bon bagage et je suis désormais à la recherche de nouveauté, d’originalité, de fraîcheur quoi. Eh bien pour ce qui est de la fraîcheur, Gagner la guerre c’est un peu comme le Freedent menthe givrée de la fantasy ! C’est à se demander à la fin de la lecture si l’on a perdu son temps auparavant à lire tout un tas d’auteurs embourbés dans les clichés. A voir en effet Jaworski s’en défaire si facilement sans pour autant abandonner les codes classiques du genre, on ne peut qu’être impressionné.

Le protagoniste, que ceux qui ont déjà dégusté Janua Vera retrouveront avec plaisir puisqu’il s’agit du truculent assassin et maître espion don Benvenuto déjà héros d’une des nouvelles du recueil, anti-héros par excellence, sait avec brio se démarquer de ses prestigieux confrères imaginés par Robin Hobb et Brent Weeks et à mon humble avis il les surpasse largement. Abondant en formules énergiques et images éloquentes, vénal et immoral même si doté d’un certain sens de l’honneur, courageux et parfois téméraire, poétique de temps en temps et diablement intelligent et rusé, c’est un personnage délicieux. On s’y attache sans peine, même s’il serait aisé de le détester si l’auteur en avait voulu ainsi. Les multiples personnages secondaires ont tous cette même formidable présence, ayant la plupart du temps, et pour notre plus grand plaisir, le verbe vif et acéré, qualité nécessaire lorsqu’on vit dans une République où les intrigues politiques sont incessantes et les coups bas adorés, voire vénérés. On ne peut pas ne pas évoquer le Podestat Ducatore, le patron de Benvenuto : peut-être l’homme le plus rusé et calculateur de toute la littérature fantasy !

Effectivement, un des éléments qui participe à nous captiver c’est le récit de ces multiples manigances et complots. Les intrigants ne réfléchissent qu’en termes d’intérêt personnel et les amitiés sont toujours fausses. En se défaisant de toute description qui ralentirait l’action, Jaworski déroule la trame et enchaîne les péripéties à toute allure. Dans un si long roman (près de 1000 pages en poche) il paraît inévitable qu’une certaine langueur s’installe à un moment donné, et j’ai bien cru en effet repérer un passage un peu long et en dessous du reste, mais j’ai été réellement surpris par la rapidité et la facilité avec laquelle l’auteur s’est remis sur pieds, pour repartir de plus belle.
Ceux qui connaissent un tant soit peu Jaworski se souviendront de son style, magnifique de richesse et de précision. C’est un véritable culte du mot juste auquel il se livre, n’hésitant pas à placer mots désuets et/ou techniques, jonglant sans trembler avec le parler le plus populaire et le subtil langage politique et aristocratique. Je regrette de ne pas avoir noté les nombreuses et souvent hilarantes expressions, la plupart du temps argotiques, employées par Benvenuto. Et le tout sans altérer la fluidité de la lecture s’il-vous-plaît.

En bref un bouquin qui se dévore, spectaculaire de maîtrise pour un premier roman. Jaworski apporte la preuve que pour faire de la bonne fantasy nul besoin de chercher à tout prix l’originalité, on peut tout aussi bien toucher du doigt la perfection en exaltant simplement ce qui existe déjà en la matière. Jaworski s’offre même le luxe d’introduire à un certain moment des elfes et des nains, symbole suprême de la fantasy tolkienniste, comme pour narguer tout le monde : ces êtres hautement stéréotypés il ne les dénature pas, mais il se les approprie quand même et le résultat, malgré mes quelques craintes au début, est plutôt réussi. A lire si vous souhaitez un bon roman de divertissement dans une langue magnifique et magnifiée !
Citation : Yao
Je viens de le finir et j'ai tout simplement adoré !
(Ne m'en voulez pas, ma critique est plutôt faite pour les personnes n'ayant pas lu le livre)

On remarque tout d'abord le style d'écriture qui est bien original et plaisant. Il s'agit d'un texte narratif à la première personne et en utilisant un "parler familier". Non seulement ce dernier point est très rare dans la littérature (du moins dans la fantasy) mais aussi le personnage s'adresse par moment directement à nous, lecteurs. Je dois avouer que ça m'a un peu gêné au départ mais on s'y fait rapidement (surtout que ça arrive rarement, chaque 300pages)
Si Jaworski utilise un registre familier, cela ne veut pas dire que l’écriture est dégradée : c'est d'une richesse incroyable, avec un vocabulaire poussée et certains dialogues (oui, je dis bien certains) sont très bien posés.

Mais maintenant assez parlé de l'écriture. L'histoire de ce livre est tout simplement superbe ! Parfois j'admets qu'il y a quelques longueurs (surtout au début) mais dès qu'on est plongé dans le récit, impossible de s'en détacher. Il y a de tout pour plaire : de l'action, de supers complots, de l'aventure, du suspens, du sang, de la magie, des révélations et bien évidemment un excellent humour.
Cet humour est un élément marquant dans livre car Benvenuto nous fait sourire à chaque fois par ses paroles, ses pensées, ou même par ses simples descriptions.

Ensuite, les personnages sont très attachants et bien approfondis. On pourrait croire qu'on aura la même affection des personnes qu'a Benvenuto puisqu'on a son point de vue... mais non. Il m'arrive de trouver sympathique un personnage que Benvenuto se méfie (je pense à Sassanos). Ce que j'aime beaucoup dans ce livre c'est que chaque personne a vraiment une personnalité propre et donc des pensées bien différentes. Aussi, il y a des personnages (très) intelligents ce qui m'a toujours plu dans un récit. On est (quasi) sûr qu'ils ne feront pas de bêtises, on se sent en sécurité avec eux et aussi on a droit à des réflexions très poussées, d'excellents complots et de superbes révélations !

Quant à l'univers du Vieux Royaume, je dois dire qu'on est au départ assez perdu. On ne nous explique pas grand-chose des lieux, peuples, anciennes histoires durant une bonne partie du récit et je pensais un moment que le monde n'était pas bien développé. Mais en vérité on nous raconte une quantité de chose vers les 3/4 du livre, en particulier sur la magie qui est très mystérieuse. Pour ce dernier point, on y apprend ses éléments basiques mais on sait qu'elle recèle toutes sortes de secrets, tout comme les différents peuples et les anciennes guerres.
Mais au final, on ne sait pas énormément de choses sur l'univers mais il est évident qu'il y a une quantité de matière à découvrir de ce monde, si riche et si grand !
Aussi, un élément qui rend ce monde très original dans la fantasy est que le pays n'est pas dans un système monarchique mais bien dans une république avec des sénateurs et des élections. Au début, je ne savais pas quoi penser. J'avais un peu peur qu'on parlerait trop de politiques mais en même temps je trouvais intéressant de voir comment allait évoluer l'histoire dans ce contexte. Et il se trouve que ça a très bien marché, qu'il y a plus de piments dans les complots et plus de suspens !

En bref on a droit a un fabuleux livre avec une écriture originale et très riche, des personnages approfondis (et drôles), un monde fantastique et mystérieux, et une histoire extraordinaire remplie de complots, d'action et de révélations !

Même si j'ai adoré ce livre, je ne suis pas sûr qu'il puisse plaire à tous (mais a une bonne partie). Je tiens à préciser qu'il y a certaines scènes sales (nécromancie, sang) et que Benvenuto, bien que très drôle dans sa façon de nous raconter l'histoire, est un personnage malsain (c'est tout de même un assassin ^^'). Donc si vous n'êtes pas rebuté par ces quelques points sombres, foncez, il vaut vraiment le coup !
Un 5/5 amplement mérité !

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