Pour faire un enfant, pour revoir les siens après trente ans de vie extraterrestre, pour dire non à la guerre et à l’endoctrinement…
Dans les mondes où nous projette Pierre Bordage, la dégradation de l’espèce humaine et de la Terre a atteint son apogée. Se rebeller c’est mourir, au mieux se venger.
Pierre Bordage nous offre, en guise d’évasion, une nouvelle noire, une version de la quête de Perceval digne d’un jeu vidéo, un récit de pirates, une nouvelle historique où il campe Jules Verne enfant. Seuls les conteurs peuvent faire en sorte que « la minuscule planète bleue perdue dans un bras spiral de la Voie lactée » ne quitte pas les mémoires.
Je ne vais pas parler de chacune des nouvelles, d’une part parce que je ne verrais pas quoi dire, les textes étant plutôt courts, mais également et surtout parce que les nouvelles forment un ensemble qui n’a d’intérêt que soudé. Car si je n’ai pas eu de coup de coeur pour chacune des nouvelles (on peut même dire que certaines ne m’ont fait ni chaud ni froid), on peut dire que j’ai apprécié l’ensemble qu’elles formaient.
Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on y voit un peu de tout. Ça tend vers le pessimisme, bien sûr, tout en n’allant pas trop loin ce de côté là, mais les nouvelles ont pour mérite de soit complètement changer de sujet, soit exploiter différentes possibilités quand au futur.
Je dois quand même dire que ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais au départ. Je pensais voir des textes engagés politiquement, ou engagés tout simplement, et finalement, ce sont des nouvelles plutôt neutre à ce niveau-là. On touche plutôt à des sujets « généraux », comme la guerre, le développement d’un virus, l’installation d’une colonie Terrienne sur une autre planète, qui oublie progressivement l’existence de la Terre vouée à disparaître… Ce n’est pas à proprement parler effrayant, mais ce n’est pas non plus réjouissant… Mais une fois que j’ai compris que les nouvelles étaient plutôt « distrayantes », j’ai enfin pu profiter de ma lecture. D’ailleurs, je pense que c’est à cause de cette déception que l’introduction aux nouvelles ne m’a pas du tout emballé. C’est l’histoire d’une femme qui vient du futur remercier son auteur préféré pour avoir changé sa vie… C’est un peu le rêve de tout auteur de science-fiction j’imagine, donc je pense que l’auteur a simplement voulu se faire plaisir, et peut-être que j’aurais aimé si ça avait été tourné d’une différente façon, mais celle qu’a utilisé l’auteur ne m’a pas convaincu sur le moment, en fait je ne voyais pas l’intérêt réel de cette introduction.
Le style de Bordage est joli en tout cas, fin, délicat, il va droit au but. On ne retrouve pas cette virtuosité que j’aime chez certains auteurs, mais il est agréable. Ce n’est pas un style très descriptif, mais il est très émotif et réaliste au niveau des dialogues.
Donc, je vous conseille ce recueil si vous souhaitez passer un bon moment, les nouvelles sont plutôt agréables, et on prend du plaisir à les lire car même si elles sont pessimistes, ce sont quand même de belles histoires.