Informations générales
- Appartient au cycle : Perdido Street Station.
- Tome : 2.
- Auteur : China Miéville.
- Date de parution : 09/2006.
- Format poche : Oui.
- Classé en Adulte.
- Note : 5 sur 5.
- Note des lecteurs (3 votants) :





- Conseil : A lire absolument.

Attention : Ce livre contient des scènes particulièrement violentes pouvant heurter la sensibilité du lecteur.

Attention : Ce livre contient des scènes de terreur pouvant angoisser les lecteurs les plus sensibles.
Résumé et Avis
Lors de ses recherches pour l'homme-oiseau, Isaac Dan der Grimnebulin a libéré des monstres volants, les gorgones, sur Nouvelle-Crobuzon. Le gouvernement est vite dépassé par les événements et en appelle à la Fileuse, une araignée géante vivant sur plusieurs plans de réalité, pour l'aider à endiguer le péril. Les gorgones se mettent à pondre, et menacent bientôt toute la ville, dont les habitants sont la proie de terribles cauchemars. La milice est impuissante. Seuls Isaac et ses amis peuvent encore sauver Nouvelle-Crobuzon, au risque d'y laisser moult plumes et une oreille chacun, prix de leur pacte avec la Fileuse...
Citation : CatlinelJe crois qu'aucun livre de Fantasy ne m'aura autant hérissé le poil. Les gorgones comptent parmi les monstres les plus répugnants et les plus effrayants que j'aurais rencontré au cours de mes lectures. La ville entière est en danger; humains, non-humains, hybrides, recréés, personne n'est en sécurité. Pour faire face à ces prédateurs impitoyables, des alliances insolites se mettent en place. Des alliances formées de créatures qui ne se montrent jamais au grand jour, des créatures presque aussi cauchemardesques que les monstres qu'elles veulent éliminer. Entre La fileuse, Le Concile et ses avatars et les Mainmises (ces dernières m'ont complètement révulsée ! ), j'avais presque l'impression de lire du Fantastique/Horreur. Pour moi qui aime ce genre presque autant que la Fantasy, ce mélange était un vrai régal.
Le deuxième tome est beaucoup plus trépidant que le premier. La chasse à la gorgone est au centre de l'action mais certains fils secondaires du récit m'ont tout de même fichu une sacrée claque.
L'auteur n'est pas partisan des demi-mesures. Pour se débarrasser des monstres en maraude, il n'hésite pas à placer ses personnages devant des dilemmes aux conséquences morales atroces. Certains passages sont tout simplement déchirants.
Mais je dois avouer que si les moyens m'ont fait grincer des dents, les plans mis en œuvre étaient tout simplement brillants, au point que je pardonne aisément le petit ralentissement qu'accuse l'histoire aux deux-tiers de son déroulement.
La fin quant à elle, reflète parfaitement l'esprit du livre; peut-être pas celle que j'aurais voulu, mais parfaitement assortie à l'atmosphère délétère de Nouvelle-Crobuzon.
Citation : BartimeusTout d'abord, je dois dire que ce cycle m'a beaucoup donné, autant pour ma façon d'écrire que pour la vision que je me faisais de la Fantasy et de la Science-Fiction. Il a tout chamboulé, des choses que je croyais tabous, des choses que je penses qu'il ne fallait en aucun cas mettre dans un bon bouquin étaient dans ce livre, et c'est quand même un des meilleurs bouquins que j'ai lu. En fait, je crois que c'est LE meilleur. Bon d'accord, j'en verrais peut-être d'autres, je n'ai pas fait le tour du genre, mais je pense que même pour ceux qui l'ont fait, Perdido Street Station ne les laissera pas indifférents.
Beaucoup de thèmes y sont abordés, racisme, pauvreté, courage, lacheté, avarice, dictature même. Tous ces thèmes sont présents pendant tout le livre, on est dedans, c'est Nouvelle Crobuzon, un univers complexe, si bien imaginé, tellement bien exploité que l'on a l'impression que seuls les ans ont pu le façonner de cette manière, des siècles et des siècles.
Chaque personnage a un passé, une personnalité différente des autres.
Mais ce n'est pas tout, il y a aussi des monstres, abominables, horrifiants mais fascinants, excellemment décrits pour former une créature légendaire et que l'on craint.
Je vais commencer par le personnage qui m'a le plus plu dans ce roman, c'est la Fileuse. C'est une créature très bizarre, il est impossible de prévoir ses actes tant qu'elle ne les a pas faits, de la simple façon qu'elle ne pense pas comme nous.
Elle ne vit que pour améliorer la toile, l'oeuvre suprême, et fait tout pour cela, même si cela consiste à dessiner une oreille avec de véritables oreilles qu'elle aura préalablement découpé sur des victimes conscientes, ou encore jouer au morpion avec un milicien ^^
Viennent ensuite les Gorgones, ces horribles créatures. L'auteur, de par des métaphores parfaites, arrive à nous dégouter profondément de ces créatures, elles sont terribles, avec leurs ailes envoutantes !
Les mainmises sont beaucoup moins présentes, une scène et c'est tout, et je les ai trouvées moins réussies.
L'évolution de l'histoire m'a agréablement surpris ! Tous s'enclenche, comme un moteur qui tousse puis finit par démarrer. L'action est présente durant tout le tome, on ne s'arrête pas une seconde pour souffler, et c'est géant !
On est vraiment en situation de crise (et c'est le cas de le dire), car il faut à tout prix éliminer les gorgones...
On continue de suivre les personnages principaux, qui évoluent malgré eux, se comportent parfois en enfants, paniquent devant leur fin... Bref, ils restent aussi soignés, voire même plus que dans le tome précédent. Ces personnages doivent parfois faire des choix, sauver sa fiancée ou la ville ? Demandez vous ce que vous feriez, et vous verrez qu'il n'est pas toujours facile de choisir, même si là, devant notre écran ou notre livre, on se dit que l'on choisirait la ville au dépens de celle que l'on aime.
Là ou l'auteur m'a bluffé, c'est avec son concile d'artefact. Je ne sais pas quelles études a fait China Miéville mais il est doué et a fait beaucoup de recherches !
Par exemple, au moment où Isaac se rend compte que son robot (appelés artefacts) ménager est intelligent, il dit :"Une IA, une Intelligence Artefactuelle !" . Il faut savoir que le terme IA existe, mais qu'il désigne une Intelligence Artificielle. Soit un robot en fait ^^. Sur ce coup il m'a bluffé, car il emploie en plus des jeux de mots dans les pseudo passages scientifiques.
Je vais terminer par la fin (oui, comme il se devrait d'être). Après avoir lu le commentaire de Catlinel, je m'attendais à voir la ville anéantie, tous les héros morts, ou quelque chose dans le genre, mais je ne m'attendais pas du tout à ça.
La fin m'a beaucoup plus, aussi surprenante que le reste. Il y a de l'espoir, de l'anéantissement, du dégoût, un rebondissement... Bref, même si j'aurais aimé que nos héros aient une fin heureuse (preuve que je me suis attaché aux personnages), je trouve que pour une fois, l'auteur n'a pas bâclé sa fin et l'a emmenée vers le plus "logique" dans ce monde : à la fois heureuse et triste.
Citation : Pef
J'ai encore une fois été soufflé par ce chef-d'œuvre ! Eh oui le second tome, qui en fait n'en est un que dans l'édition française puisque normalement on peut le trouver en anglais d'un seul bloc, est une magnifique preuve du talent de Miéville. Alors que le premier tome nous avait principalement étonnés et enchantés par ses passages descriptifs magnifiques, le second est plus un tome d'action, bien que l'atmosphère et les décors là encore soient très travaillés.
Ce qui m'a frappé dans cette deuxième partie de Perdido Street Station, c'est ce caractère mouvant et indéfini qui baigne tout le bouquin, à l'image des ailes de ces terrifiantes gorgones, aux couleurs changeantes et hypnotisantes, ou de la toile-monde, tissée et retissée en permanence par d'immenses araignées, qui représente tout ce qui peut exister dans le monde. On peut aussi bien sûr penser à un autre personnage, Madras, aux membres multiples et indéfinis, ou encore au moteur de crise, qui fonctionne justement grâce aux situations instables et paradoxales. Le Concile Artefact lui aussi s'inscrit dans cette ambiance à merveille : en effet cette entité est un tas de déchets animé et indéfini. La ville elle-même, Nouvelle-Crobuzon, est plus vivante que jamais, grouille de créatures mystérieuses et effrayantes, comme les Main-mises, ces gants qui vampirisent leurs hôtes et les contrôlent. Ces êtres sont une belle trouvaille et, même s'il apparaissent peu, ils nous permettent d'entrevoir encore plus la richesse du monde créé par Miéville.
Et de trouvailles ce livre n'en manque pas. Les gorgones bien sûr sont une réussite totale. Envoûtantes et mortelles, magnifiques et pourtant terriblement repoussantes, on les craint mais elles magnifient chaque scène où elles apparaissent et leur ombre sinistre pèse sur tout le livre. Le passage où est décrit leur accouplement est un des plus beaux du livre, véritable effusion de couleurs et d'effluves, merveilleuse lutte concupiscente ! Bien sûr la Fileuse est une autre bonne création de l'auteur. J'ai adoré ses interventions énigmatiques et pourtant tout entières tournées vers le perfectionnement de la Toile-monde.
Le dénouement, effroyablement pessimiste, m'a tout d'abord un peu surpris, mais après réflexion, on doit admettre qu'il est tout à fait à l'image du récit, il est donc très réussi.
Bien entendu je conseille ardemment ce livre. Le premier tome peut effrayer, car quasi entièrement descriptif, mais ici l'action prédomine. Miéville est certes un auteur de talent, et je suis plus que prêt à lire un autre de ses romans.
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